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vendredi 12 mai 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 29 - La Maladie des Fourmis

Cette semaine foin d'hymne à la noix pour marcher le cœur sur la main ou bien l'inverse, non on a préféré vous servir sur ce plateau portatif le panthéon processionnaire, mais pas péripatéticien pour un sou de l'Azile.

Cakewalk, le tortueux projet de Bergen de Stephan Meidell sur le label à la chouette, on vous en rabat les deux esgourdes sans barguigner ni vergogne depuis leurs tout premiers pas, que vous en seriez même prêt(e)s à y risquer quelques menues couronnes. Sans en faire des caisses, le combo mixte no-wave lo-fi de Brisbane Bent totalise à eux trois la quintessence de ce que le free-rock devrait toujours être : un croisement des Slits et de Pere Ubu, de même que l'autrichien Xaõ Seffcheque, mais en plus mutant. Le combo nippon NON baNd, le bien-nommé, est un poil plus exotique que nos camarades de La Terre Tremble !!!, qui cultivent la furia de l'ambiguïté avec tout le tremblement qui s'impose aux vrais garçons de la plage.

On rigole franchement pas à être renvoyé(e)s dans les cordes de nos retranchements les plus profonds par la diva soul-goth Diamanda Galás, cela étant, on la verrait bien comme coach vocal macronien. Le nouvel opus-concept de ZU continue sur leur lancée de politique de la terre brûlée bien plus fumante que fumiste, tandis que Divus a un côté nettement plus vertical des profondeurs à base de drones mous. Nate Wooley nous offre un numéro de duettistes de folie avec XT, qui concentre les ADN de Paul Abbott & Semyour Wright dans une vraie cocotte-minute au bord de l'implosion. Enfin, on en profite pour faire connaissance avec le sound-designer de Rotterdam Michel Banabila sur un pot-pourri de ses meilleurs succès, sans omettre nos sélections bonux qui vous reviendront inévitablement dans la tête comme dans une partie de jokari.

Simple comme un lundi, prenez illico la voie de l'Éternel Retour du protéiforme podcast azilaire





mardi 2 mai 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 28 - Faut Savoir Se Contenter De Beaucoup

On vous l'avait bien dit, trop d'adrénaline nuit la nuit. C'est pourquoi l'Azile éclaire une nouvelle fois le monde d'un jour nouveau, et le petit veinard d'abonné au podcast en sait quelque chose, car ce programme d'un genre nouveau assure jour après jour le sommeil de ses nuits.

Le AddisAbabaBand par exemple, à part sur RadioStar 94 MHz ou DRP4 København dans la verte campagne de Copenhague, personne n'aurait eu vent de ces activités éthiopo-funkisantes sans notre AbbaZaba zoom spécial. Je vous passe sur le contrebassiste basé à Broolyn Eivind Opsvik, personne n'aurait eu idée d'aller humer les effluves 70's de son N°5, ce qui aurait fort regrettable de ce côté-ci de l'Atlantique. Ce n'est certainement pas votre banquier non plus qui vous aurait recommandé de jeter quelques poils lobiens sur le nouveau Julie's Haircut, et il aurait franchement eu tort de ne pas le faire.

Si vous vous demandiez encore à quoi pensent les Tchèques, Poisonous Frequencies met tout le monde d'équerre avec de l'impro-noise mafflue tout aussi oblique que bancale. A la demande générale, on vous offre une nouvelle tournée de Tomutonttu, d'autant qu'aujourd'hui c'est vraiment le printemps, et que les pétarades de Jan Anderzén sonnent comme un nouvel équinoxe. Le Berro nouveau avec David F et Vincent Epplay est tout aussi effrayant que maximaliste, même si au format 45tours simple chez Blackest Ever Black Records. Pour être honnête avec vous, le dernier Will Guthrie nous a fait l'effet d'une petite claque : on n'imaginait pas l'australo-nantais maître ès peaux publier cette bande-son idéale pour shaker sur les pistes de skate. Qui doutera encore après ce programme de l'existence avérée de Scheich In China, sans doute plus connu de ce côté-ci de l'Azile que par son boulanger à Hambourg ?

Il ne faut pas confondre Kink Gong avec le gorille géant, celui-ci documente depuis plusieurs années les minorités ethniques du Laos à la Tanzanie, mais sonne bizarrement comme un croisement entre Tazartès et Roberto Musci, qui ont fait les choux gras de l'Azile. Depuis bientôt deux lustres et demi on suit à la trace les frasques du saxophoniste Martin Küchen originaire Eskilstuna, et après l'Exploding Customer, le All Included et ses différents poteaux d'Angles, vous serez bien sûr ravis de le retrouver en compagnie du bassiste du Fire Orchestra et de Steve Noble; à qui l'on pourrait décerner le pompon des fréquences de diffusion haut la main. Pis comme on aime bien descendre à la cave, on vous a ramené une cuvée 69 de Cohelmec Ensemble, qui se bonifie avec la force des années. Enfin, Anthony Moore de Slapp Happy s'amuse à nous faire du Robert Ashley parfumée à l'eau de Cologne, avec un orchestre fantôme du feu de Zeus ! Et comme toujours, on vous a pourris gâtés de boissons à bulles bonux, et naturellement garanties entièrement sans AutoTune.

Pour saisir l'anguille au fond de la botte de foin sans faire l'autruche, plongez avec l'Azile.





L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 27 - Derrière Tout La Lumière, Il Y A Quelque Chose De Plus Sombre Que La Nuit

Pour ce nouveau programme élaboré dans les derniers jours de l'hiver, nous avions décidé de chasser le surnaturel pour revenir au galop lâcher les zèbres de l'Azile avec une sélection bien rangée des papamobiles.

En bonnes femmes d'intérieur, même si ni originaires de la Sarthe ni du Pays de Galles, les Housewives nous assènent de la noise qui claque, tandis que le saxo-hurleur de Vancouver Peter Van Huffel enfile à nouveau son masque de gorille d'Alexanderplatz pour mieux enfoncer le bouchon. La ville portuaire canadienne sert un peu de fil rouge à l'émission, avec un titre en preview de Peregrine Falls offert par le magazine The Wire, et ça fait fichtrement plaisir d'avoir quelques nouvelles du gratteux Gordon Grdina.

Fat Worm Of Error, les ex-Caroliner Rainbow sévissaient à partir de la fin des années 90 dans le Massachusetts, avec une débauche d'instruments home-made détournés entre impro-noise et opéra dada que ne renieraient pas les vénérables du Los Angeles Free Music Sociéty. Pour faire face à la crise de la chips qui sévit actuellement au Japon, on ne peut que conseiller à nos amis nippons le nouveau Phew. La douce Christine Weyrether alias Maria Zerfall produisait des cassettes de musique industrielle à partir de 83, et on est ravis de découvrir ça sur un florilège de Kassettenmusik de Düsseldorf chez Bureau B. Stuart Chalmers lui aussi fait dans la cassette ou plutôt des palanquées, il détourne des sons sur bande magnétique combinés avec une lutherie sauvage, et c'est hautement sidérant autant qu'hallucinatoire.
 
On ne se lassera jamais des chatoiements percussifs de l'hyperactif Andrea Belfi, à l'image de ce disque-objet-livre d'artiste ultra-enthousiasmant de la jeune marque IIKKI de Plouër-Sur-Rance. Christophe Ratier fait partie de ce réseau de jeunes compositeurs électro-acoustiques du Sud-Ouest avec Julia Hanadi Al Abed découverts aux Potagers Natures, et il fabrique des pièces de machin-truc chouette anecdotiques et écologiques à la post-Ferrari. Rülhand, ça c'est du lourd et du charpenté, normal me direz-vous, ils sont à trois costauds des mêmes régions. On se termine avec la compositrice de Vancouver Sarah Davachi, adepte du synthi et autres buchla, comme du drone circulaire acoustique, et c'est toujours aussi fameux pour ne pas dire pire ! Ce qui donne forcément envie de s'enfiler aussi sec une nouvelle salve de bonux croustillants et dorés garantis sans gras.

Pour faire l'amour à un vampire avec un singe sur votre genou dans les causses de Lozère ou ailleurs, choisissez l'Azile





lundi 24 avril 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 26 - Tranche De Temps Jeté Ici & Maintenant

Pour ce nouvel épisode de votre programme asynchrone qui tombe toujours à pic, on a tenté de compenser la sécheresse ambiante par quelques épices bien senties pour mieux embraser le fond de l'air.

A défaut d'urnes, les hipsters de la noise $hit And $hine bourrent leur ghetto-blaster de vieilles saloperies disco recuites à point et au plunderphonic pour ranimer le dancefloor, alors que Colin Potter se souvient du temps jadis où il pratiquait l'indus lo-fi en culottes courtes à York. A l'Azile, on a toujours été baba devant les chansons pop obliques de La Terre Tremble !!!, et le dernier opus des charmeurs de volcans n'a pas de raison de déroger à cette hypnose garantie sur velours. Les Millions Of Dead Tourists sonnent un peu comme du Ike Yard sur le retour, sauf qu'ils reviennent tout pantelants de Thessalonique.

Entièrement conçu à partir de sons concrets et détritus synthétiques de la société post-industrielle new-yorkaise, le nouvel opus d'Evan Caminiti, moitié maximaliste de Barn Owl, est tout aussi sidérant que vaporeux. Autres adeptes de la synthèse modulaire, les ex-Labradford et Pan·American s'acoquinent avec le percussionniste de Locrian Steven R. Hess, pour de l'ambient glaciale et liquoreuse à la mode post-rock de Chicago sous bannière Anjou. Coppice est une autre sacrée paire de manches de Chicago, et un duo de sound artists tout aussi ciselé que décapant.

Le nouvel octet de la guitariste Mary Halvorson sonne aussi bien que son septet, normal me direz-vous, ce sont exactement les mêmes briscards du jasse new-yorkais augmentés de la pedal-steel guitar de Susan Alcorn. Cela fait au moins quelques années et demie qu'on suit les traces du saxo-électroacousnoisien helvète Antoine Chessex, mais le retrouver là flanqué de la section rythmique en or du free britannique, et attablé le 12 décembre 2016 au Café Oto, est un pur délice. Depuis qu'il nous avait servi ses terribles Tripes, on avait compris que Jean-Brice Godet avait de la bouteille, mais vu le titre alcoométrique volumique de ses nouvelles compos, et on se dit que cuici on va pas lâcher de si tôt ! Enfin, le nouveau Marcus Fjellström se consomme ici et là encore sans modération, quitte à entendre double entre les instruments détunés et l'électronique qui donne le tournis. Et on termine comme de juste la dégustation avec un smorgasburg de titres bonux et autres alternate takes.

Pour la soif des cages à miel, secouez dès maintenant la pulpe anticonstitutionnellement vôtre de l'Azile




mardi 18 avril 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 25 - Le Mandipropamide contre les Oomycètes

N'en déplaise aux canassons d'Attila, l'Azile c'est un peu comme la mauvaise herbe, ça a beau disparaître, ça repousse toujours.

Cette semaine donc, à défaut de vestes qui ne sont plus trop de saison, nous avions décidé de vous offrir une vraie sonnerie de téléphone qui fait un carton pour épater vos ami(e)s, du Lichen Gumbo comme s'il en pleuvait en banlieue d'Helsinki ou de Louvain, alors que le combo de space-rock Zofff qui a bien failli ne jamais traverser le Channel, s'étale désormais langoureusement sur 2 faces de microsillons, grâce aux bons offices de la nouvelle branche psyché-kraut des ex-Great Pop Supplement.

Die Tödliche Doris fut un  collectif d'énergumènes spécialisé dans l'agit' prop industrielle au cours des golden eighties du côté de Berlin, et qui rétrospectivement ferait passer Jean-Louis Costes pour un enfant de cœur. No Ufo's a beau l'affirmer, les vrais aliens se planquent toujours du côté de Vancouver, et même dans les plis des pochettes de sa compatriote Sarah Davachi dessinées par le simili Konrad Jandavs lui-même. La compilation fleuve et garantie 100% sans testostérone du label électronique Hylé Tapes nous permet de découvrir quantité de trucs chouettissimes, notamment le travail méconnu de miss Floy Krouchi. Pour mieux s'enfoncer dans le Sofa, Muddersten distille ses mélanges impro-électronique combinés au tuba des profondeurs de Martin Taxt.

La séquence de jazz vénère secoue sévèrement avec les bûcherons canadiens de Gorilla Mask et le retour des Krokofant, pour un triplé gagnant à la puissance trois. Le saxophoniste de jazz free lituanien Liudas Mockūnas, à ne pas confondre avec Liūtas Mockūnas, aime lui aussi les power trios et jouer avec à peu près tout ce qui bouge, et qui ressemble de près ou de loin à une tuyauterie du facteur belge. Quant à Jim O'Rourke, son exil au Japon lui a fait le plus grand bien : il ne publie plus qu'à dose homéopathique de 3 à 4 disques par an, comme cette collaboration extra-fructueuse avec François Bonnet du GRM, à ne surtout pas confondre avec l'autre Bonnet. Et si vous vous imaginiez que vous alliez vous en tirer à si bon compte, on assaisonne la sauce avec une poignée d'extended bonux pour pimenter le tout.

Si d'un dauphin t'en fais pas un requin, de l'Azile t'en feras pas un fossile





mardi 4 avril 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 24 - Bruits & Temps Analogues

En prise directe avec les dédales sans fin du grand tunnel du Temps, nous vous proposons cette sélection qui n'est pas tout à fait réchauffée d'hier, car l'Azile quelque part c'est aussi un peu demain.

Rien de tel qu'un redémarrage sur les chapeaux de roue pour éviter de pédaler dans la rillette comme dirait Pénélope, avec un petit cocktail de Blurt capté comme de juste au fameux café Oto de l'Est londonien très exactement le 13 janvier 2016. Avec Cara & Mike Gangloff, on ne sait jamais vraiment si on est dans le folk étatsunien du Sud ou en Inde du Nord, ou dans la grande tradition dronesque avec harmoniques de fiddle, banjo, shruti-box, voix à la Patty Waters et répertoire populaire réinventé. Avec Thinking Plague, rien n'est moins sûr non plus, si ce n'est que ces zouaves ont commencé quasi à la même époque épique que Blurt, qu'ils jouent régulièrement avec un ours polaire à la batterie et des gens issus du Hamster Theatre, ce qui n'est pas rien. La nouvelle production d'Ulan Bator passerait presque pour du rock straight à la papa, si ce n'est que leur calzone est fort bien fourrée à la choucroute-mozzarella.

La vraie découverte de la semaine d'avant aujourd'hui-même, c'est bien ce groupe d'agit-punk qui ne rigole pas de Brooklyn : Object Collection, avec un authentique opéra avec des textes de Léon Trotsky lui-même à l'intérieur, en hommage à la vacuité de la société post-révolutionnaire (sic), et on se dit que c'est quand même plus fun que certaines niaiseries hexagonales. Les deux opus de l'éphémère combo Zeit, repêchés par la marque Black Sweat, constituent assurément LA curiosité ultra hautement recommandable du moment. Imaginez une sorte de croisement entre Third Ear Band et un folklore imaginaire issu du creuset de la Méditerranée, joué par des post-hippies de la Botte secrète à la fin des années 70-début 80...

Toujours bien câblé avec les colonies de petits-gris, le finnois de Tampere Jan Anderzén, tombé du vaisseau amiral Kemialliset Ystävät, continue d'explorer ses exoplanètes avec brio et Tomutonttu. On se demande également ce qui a bien pu prendre Alvarius B de s'essayer à ces mélanges parodiques spoken words/rap en arabe gonflé à l'Auto-Tune, si ce n'est que c'est à la mesure du personnage comme du label Nashazphone. Le chatoiement multi-timbral du nouveau Dans Les Arbres est encore plus prononcé que sur les précédents, et c'est franchement pas regrettable. La rencontre entre Michiyo Yagi, Joe McPhee, Lasse Marhaug et Paal Nilssen-Love à Tokyo le 21 janvier 2013 avait déjà fait l'objet d'une publication un poil confidentielle, c'est donc carrément chic de la part de Smeraldina Rima d'avoir remis le couvert et en vinyle. Enfin, pour mieux patienter en attendant le dernier Oiseaux-Tempête, Frédéric D. Oberland fait une nouvelle fois parler la Foudre. Et, comme pour les nombreuses émissions en ligne d'hier et d'aujourd’hui entièrement disponibles sur le bloge et un peu plus, vous ne couperez évidemment pas à la demi-heure de bonux réglementaires, pour bisser sans bafouiller.

Pour sentir la botte souveraine de la réalité, humez le vent avec l'Azile





lundi 20 mars 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 23 - Un Son qui nous vient de nulle part

Comme chacun sait, à l'Azile on a fait nôtre le précepte de la Liberté de n'arriver jamais à l'heure. En revanche, conseillés par quelques éminences grises de l'UPR, on s'est dit qu'il était de notre devoir de remettre vos portugaises au travail avec détermination et cette nouvelle série de joyeusetés progressistes aussi baths qu'entièrement chanmées.

On r'attaque donc cette semaine rétro-futuriste avec Lily, Ani, Nina, qui représentent 1/3 chacune des Palberta, certainement le riot grrl band le plus chtarbé déglingos qu'ait pu enfanter la côte Est des Etats-Unis depuis les Shaggs, et c'est pas leur 7ème opus qui va contredire leurs précédents. On Fillmore fait le pont entre les enfants terribles du post-rock Glenn Kotche & Darin Gray et les ambiances tropicales de Rio de Janeiro. News From Babel était un combo éphémère de Cold Storage, qui réunissait entre 83 et 86 les compo de Lindsay Cooper & les textes croquignolesques de Chris Cutler et pas mal de leurs potes, dont Zeena Parkins qui reprend du service avec sa harpe préparée tiraillée par l'électronique. Dans la série nouveau venu, The Newcomer se pose là avec son 1er EP sous cet alias, qui convoque entre autres noms célèbres entre Reich, Kuti & tutti frutti.

Le synthé analogue est devenu totalement in jusqu'aux cercles des plus noiseux, à l'image du duo La Gueule Du Loup, une battle de patches de synthés modulaires captée comme de juste aux studios GRM entre Eryck Abecassis & Francisco Meirino. On fait enfin connaissance avec Marcus Fjellström, grand bidouilleur de textures cauchemardo-kafkaïo-paranoïaques avec orchestres fantômes, dans la grande tradition de la spectralité du phonographe des Carpathes.

De manière un poil plus guillerette, le grand orchestre d'impro Splitter Orchester est passé à la moulinette des filtres du sorcier Felix Kubin, avec ces loops de piano en variations syncopées de blurps electro sur la face B d'un split bien balancé. Jamais à court de tartes à la crème, le big band contemporain Zeitkratzer s'attaque aux plots rouge et vert de la célèbre centrale électrique, mais ne semble pas entièrement mûr pour emprunter l'autoroute de la Ruhr en tandem. Toujours aussi anguleux, le quintet londonien Led Bib se bonifie comme l'Azile avec le temps, contrairement aux notes de Pénélope, me direz-vous. On est littéralement scotchés par la richesse harmonique de la gratte customisée de l'ex-Crystallized Movements et Primordial Undermind Eric Arn, disciple de John Fahey exilé en Autriche. Et pour se remettre dans le droit trip du fil mélangé aziloscopique, on se termine avec la séquence de bonux aussi hypnagogiques que rafraîchissants, que vous attendez toutes et tous en bondissant sur vos sièges.

Pour préparer le printemps des peuples, participez au grand nettoyage du fond des combles de l'Azile





samedi 18 mars 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 22 - Au Long Des Tuyaux Gicleurs Du Hasard

A chaque jour suffit son Azile et, après avoir ingurgité sans succès plusieurs litres de sève de bouleau fraîche, vous devriez être mûrs pour vous ouvrir les émonctoires avec ces nouvelles aventures.

Tyll, le side-project inconnu au bataillon de Günter Klinger d'Eulenspygel, est une sacrée curiosité du rock choucroute kanal hystérique, qui méritait franchement de reprendre du service. Les architectures occultes du combo psyché de Portland Moon Duo sont bien chargées comme à leur habitude. Dans le registre synthwave industriel Circuit Breaker se pose là mais aussi au Bar'Hic, tandis que nos Konstrukt préférés font une nouvelle fois bouillonner leur jazz en fusion, et le CP Unit éructe à souhait son free-rock mâtiné d'avant-jazz.

La girafe de Sir Simon Fisher Turner tord le cou d'à peu près tout ce qui peut sortir en matière de musique d'ameublement electroacoustische, de même que le nouvel UnicaZürn des vieux briscards David Knight & Stephen Thrower. Côté salon d'hiver, Ruth & Xavier soufflent le chaud et le froid sur le nouveau Winter Family, alors que l'inénarrable Jacques Brodier est toujours aussi constant dans la sagesse médusée par la saturation de ses ondes courtes.
  
Couac n'entretient aucun lien de parenté avec Les Couac-Couac ni même d'ailleurs avec Pénélope, non il s'agit d'une rencontre au sommet entre la poésie pneumatique de Sébastien Lespinasse plombée par la basse gélatineuse d'Heddy Boubaker. Skullflower nous sert du drone-power bien gras et visqueux pour machine à laver, et on écouterait ça des heures en lotus. Enfin, le combo Switchback est de retour avec ses excellentes volutes de jazz frites pour nettoyer les cages à miel avant l'Eurovision. Et pour mieux en finir sans finir de dépasser la dose prescrite, pour tout Azile en ligne, nous vous offrons pas moins de 25% de bonux en prime.

Pour écouter à travers les nuées de signaux et les grésillements du présent le bruit du grand large et faire flamber les crêpes, mettez l'Azile





vendredi 17 mars 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 21 - L'Enclume des jours

Alors qu'en ce mois de mars, on finissait par se demander si les Depeche Mode ne finiraient pas eux aussi par rejoindre Macron, fin janvier on en était encore à compter les frais de la princesse rincée sans un fifrelin d'effort ni fatigue du manoir de Beaucé. Fort heureusement à l'Azile on garde bien au frais nos notes, pour mieux vous les ressortir et faire mouche le moment venu.

Avec Le Soleil Sortant De Sa Bouche font bien partie du renouveau québécois, mais rassurez-vous ! pas dans le mode beuglant qui sévit dans nos contrées depuis plus de 40 ans. Ze very big ricorde of da week est sûrement dû cette fois-ci au CP Unit, réuni par l'extraordinaire Chris Pitsiokos toujours, presque aussi bon que la pochette est laide. Y Pants était un combo entièrement féminin et d'obédience post-punk / nowave, avec un son bien trempé dans le vitriol, mais qui était promis à la désintégration rapide, ce qui nous empêchera pas de les redécouvrir autant que faire se peut. A l'Azile aussi on aime danser le jabadao auvergnat, au son des manivelles et autre solo de cabrette de La Baracande, issu de l'inénarrable collectif La Nòvia.

Après un AAHH!! qui nous avait comblé d'aise, nous ne lésinerons pas à pousser un énorme RAAAH!! lovely, à l'écoute du second Dominique Grimaud & Véronique Vilhet, publié sur l'indispensable consortium brut In-Poly-Sons, et dont le pitch pourrait être quelque chose comme : un certain sentiment des îles fantasmatiques sans Antoine, mais non dénué de quelques popcorns. Marion Cousin & Gaspar Claus font nettement plus sobre, dans la mélopée de chansons de geste et autres mignardises courtoises de Minorque et Majorque.

Led Bib cassent la baraque avec un punk-jazz sur orbite, à ranimer les foules en pleine syncope à la manif pour tous. Angles 9, le combo de Martin Kuchen, a beau s'époumoner façon Liberation Music Orechestra, aucun risque qu'ils représentent la Suède au concours de l'Eurovision encore cette année. Quant aux derviches australiens The Necks, on ne peut que se demander ce qui les pousse encore à agir de la sorte, avec ces compos cycliques à vous filer le tournis en dansant à l'envers comme dans le délire des bals musette, comme disait le Mômô. Et suivant les recommandations de Pénélope, on vous a gardé une poire pour la soif, avec quelques valises cachées de bonux inédits, pour arroser les esgourdes de vos amis au passage.

Si vous êtes dénué(e) de tout sens commun et que votre morale est tapie au fond d'une forestière, l'Azile est entièrement à votre écoute






jeudi 16 mars 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 20 - L'Ecume des choses

Il y a quelques jours encore un non-candidat à la Présidentielle nous enchantait d'un : " la Liberté doit pulser du terrain "... Eh bien oui ! nous aussi nous oserons vous l'affirmer ici haut et fort : " n'ayez pas peur, avec l'Azile, la Liberté ça mégapulse ".

Pour vous faire un topo de la situation de cette semaine qui, il est vrai, date quelque chouia un peu, Dutch Futurismo c'est vraiment le genre de tuerie qu'on attendait pas : de l'hongrois arty façon Tambours du Bronx en mode M(egaH)erz, pour faire chavirer Kurt Schwitters et Hugo Ball, et tout ça comme de juste sur un label psyché-noise finnois. Cavalier Song nous permettrait sans doute de faire d'affreux jeu de mots, mais on n'osera pas, d'autant que ce split avec Agathe Max nous donne franchement la banane.

Deux heures avant de prendre cette antenne, nous étions consternés par la disparition soudaine du sorcier de la transe polyrythmique, l'immense Jaki Liebezeit, dont la pulsation marquera longtemps les esprits, sauf bien sûr ceux des fans de JJG. La marque britannique Discrepant continue de produire des disques tout aussi impossibles que parfaitement ciselés, à l'image de cette anthologie des expérimentations contemporaines lusitaniennes. Victor Herrero tord le cou à quelques idées fausses et sa coimbra à 12 cordes de manière ultra sympathique et non idiomatique.

Richard Pinhas inverse ses cartes du tarot, pour mieux s'immiscer dans les plis de son art le plus intrinsèque, ce qui nous donne l'occasion de vous servir ce genre d'ineptie ! La nouvelle pépite du combo de Chicago Ballister, saisie à point et sur le vif comme de juste au Café Oto, est un feu nourri alimenté par la tuyauterie chauffée au rouge de Mr. Dave Rempis. Les Cozmic Corridors font partie de la grande légende dorée de la kosmischön musik. Passez la Forêt Noire à la nuit tombée, ils sont là de retour ! Et les méga-bonux tout frais et moulus aussi pour célébrer le retour de votre Azile chéri.

Il y a des soirées où l'on a envie de rien faire, grâce à l'Azile





lundi 20 février 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 19 - Un Faux Air De Campagne

Pour ce nouveau numéro, on nage encore une fois en pleine science-fiction, ce qui ne nous empêche pas de continuer de battre mordicus la campagne contre vents solaires et marées montantes lunaires, parce qu'il est de Notre Devoir de convaincre le Peuple de l'Azile.

Le nouvel Arto Lindsay s'inscrit peu ou prou dans la lignée des Mundo Civilizado et autres Noon Chill : de la bossa trafiquée à base de textures électroniques et d'hypnogrooves, ce qui est plutôt rassurant par les temps qui courent. Autre "valeur sûre", Little Annie Bandez ou Annie Anxiety covoiturait début 80 avec les gens de Crass, et la marque américaine Dais, spécialisée dans les joyeusetés rétro post-punks industrielles, s'est entichée de nous faire redécouvrir cet attelage. Quand c'est Cummi Flu, c'est qu'y a un loop... Fini son glorieux Temps X, le belge s'essaye cette fois à la génération Y, et toujours avec son pote danois Raz Ohara. Aussi curieux que l'Étrange Monsieur Duvallier, monsieuRdurand réapparaît en face B d'un petit disque noir sur la grande firme perpignanaise Cougouyou Music.

En 1971, en pleine région lombarde, Il Signor Sciascia, boss du label de librairie sonore Vedette, s'essayait à l'art de la fugue distordue sur le scintillant VCS3 - Synthi A, et le moins qu'on puisse dire, pour rendre à César ce qui appartient à Armando, c'est que le soufflet des oscillateurs n'est toujours pas redescendu. Le proliférant batave Rutger Zuydervelt s'est lancé dans la conquête spatiale dans son salon avec, une fois n'est pas coutume, une authentique musique d'illustration de jeu vidéo.

Au Havre, le martien de service Jacques Brodier pratique au fond de son garage l'art de la "Table de Situation Luminique Autoréférentielle", communément appelée le "Filtre de Réalité", appareillage plus efficace qu'un détecteur de mensonges sarthois à la Maison Blanche. Le Muxama c'est du thon séché pour l'apéro au Portugal, mais à vrai dire on ne voit pas trop le rapport avec le tout dernier Norberto Lobo, si ce n'est que lui aussi est portugais... L'indispensable étiquette brusselloise Okraina nous présente quelques histoires bien tordues du méconnu poète du Massachusetts David Greenberger en compagnie de Glenn Jones & Chris Corsano, et ça envoie du steak plus consistant que de la rillette de crabe. Le même Corsano se démène comme un beau diable aux côtés du somptueux pianiste ravageur irlandais Paul G. Smyth, tandis que John Dikeman de feu Cactus Truck croise le fer de ses tuyaux chauffés à blanc avec la triade hispanico-lusitanienne au Centro Jazz Clube de Coïmbre. On ferme le ban avec la séance d'ultimes bonux, pour aller jusqu'au bout toujours plus loin toujours plus fort.

Pour vous vacciner contre les morsures des serpents de mer, réchauffez vos couleuvres dans le sein de l'Azile 




lundi 6 février 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 18 - Il Faut De tout Pour Faire un Monstre

Et oui, c'est bien vrai que votre Azile hebdomadaire est tout aussi peuplé que mal fréquenté, ce que la bande que vous tenez maladroitement entre vos mains moites et fébriles va tenter de vous prouver derechef.

L'Anarchist Republic Of Bzzz de Seb el Zin d'Ithak est bien plus qu'un super-groupe, c'est un méga super-groupe à écouter en boucle ! Le lundi c'est bien connu, c'est... c'est... Ravioli Me Away, un combo post-punk avec des nénettes so british qui déchirent. Free Salamander Exhibit, le nouveau combo d'Oakland des ex-Sleepytime Gorilla Museum, a des relents de Thinking Plague mâtinés de décompositions zapaïenne, avec un zest de metal rougi au psychédélisme de la côte ouest, sur ce 1er opus publié chez Web Of Mimicry, le label de Mr. Trey Bungle Spruance. L'hybridation entre le son du Sahel de Group Doueh et le free rock capillotracté de Cheveu sort des pistes pour mieux trouver ses propres lignes de fuites.

Côté nomadisme, le trio entre Keiji Haino, Jozef Dumoulin & Teun Verbruggen n'est pas en reste, avec un live aussi charpenté qu'éruptif. Blessed Initiative, c'est la tendance fractale de Yair Elazar Glotman alias Ketev, ce qui ne veut absolument rien dire mais on tenait quand même à insister là-dessus. Avec Lord Tang on retourne à Oakland ou plutôt dans le cosmos halluciné de sa deuxième livraison. L'ex-Dark Day Robin Crutchfield a beau se faire très discret, on a réussi à débusquer son dernier disque tout aussi mystérieux que les précédents.

Ce qu'il y a de chouette avec les Italiens, c'est qu'ils sont capables de rééditer tout ce qui dort dans les caves, et quand il s'agit d'un collectif de  free-jazz de la botte de la grande époque passé inaperçu, à l'Azile on exulte ! Ce qui est le cas du Gaetano Liguori Collective Orchestra, Ze very big decouverte pas très verte de la semaine. Maninkari, le combo suisse des frères Charlot, en remet une couche dans le psychédélisme lugubre, avec une bande-son pour un court-métrage gothique. Et on repart pour un tour de tourneries avec la série de bonux croisés aux protéines fluorescentes de méduse tant attendue.

Plus éloigner les tentacules purulents des Daleks, choisissez la lotion spéciale Azile





dimanche 5 février 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 17 - Ne Pas Se Fier A Sa Couverture

MMXVII, année de la recette ou de la disette, comme vous préférez !
Comme vous n'alliez tout de même rester à vous languir bêtement tel(le)s Pénélope devant son métier à tisser, après avoir joué la fille de l'air pendant quelques semaines, voici enfin votre émission de variétés de traverse de retour en son bercail capitonné, avec la mise en boîte réglementaire et toutes les précautions d'usage qui s'imposent.

Pour braver l'espace-temps, on redémarre à hue et à dada avec le tube qui monte et qui descend d'Einstürzende Neubauten sur un nouveau pot-pourri bien senti. Le plumitif Dan Melchior continue de nous ravir avec ses solos beefheartiens en diable et son 40ème opus rugissant sous bannière Monofonus, et Richard Youngs est logé à la même enseigne, mais en nettement moins blues.

On avait connu Emmanuel Scarpa aux balais au sein de la nébuleuse Coax, cette fois il vole de ses propres ailes avec le même genre de migration empruntée par le R.I.O. canal historique. Côté essais psycho-acoustiques, la rencontre de Rapoon, projet de l'ex-Zoviet France Robin Storey, et de Pas Musique se pose là, tandis que le dernier Paul Wirkus est bien plutôt d'ailleurs, comme aurait dit l'ufologue Bachelet.

Côté retour gagnant, Roberto Musci faisait les choux gras des musiques nouvelles avec ses continuums ethno trippants sur instruments indigènes mutants depuis le milieu des années 80 jusqu'à la fin des années 90, et ça fait donc ultra plaisir de le voir se raccrocher aux branches de l'actualité avec une anthologie de derrière les fagots. Le mythique combo d'impro live-elektronische intuitif Musica Elettronica Viva renaît également de ses cendres avec une perf' à Victo au Canada pour fêter les 50 ans du groupe qui est plus qu'une piqûre de rappel des talents multicolores du grand MEV... On ne connaissait pas le sax Albert Cirera, mais le découvrir au côté de la section rythmique la plus vibrionnante du jazz free lusitano-hispanique, et sur de surcroît sur notre étiquette balte préférée, est un pur délice ! Quant à Sarah Davachi, ses synthés analogues bien lustrés vous foutent bien la tête dans un sac, mais sans pour autant l'avachir d'un iota. Et pour en finir jusqu'à notre prochaine édition, nos bonux aussi fondus que gouleyants n'attendent plus que vous pour être servis très frais.

Mieux vaut jeûner avec les aigles de l'Azile que picorer des ailes de poulets devant le super bowl





vendredi 6 janvier 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 16 - Seize pièces pour remplir votre sac à sapin

Le producteur  à succès Gérard Bovin lance en ce début janvier une idée géniale comme son génie en trouve de plus en plus souvent.

Désireux de surfer sur le succès du spectacle "Hit parade" qui regroupe les hologrammes de plusieurs chanteurs morts qui nous avaient déjà énervés en leur temps, Gérard cherchait comme il dit "la meilleure idée c'est celle qui coute le moins à produire et qui est populaire". Et il a trouvé.

"Cheap parade" verra le jour en février  Rennes au Libertad. Le concept de ce spectacle non-monstrueux est de proposer, et vous l'aurez compris en voyant la photo d'illustration, non pas des hologrammes de chanteurs morts car c'est extrêmement cher, mais des fantômes de chanteurs morts. Il suffit de leur mettre des draps dessus et a fait la blague pour un budget dérisoire. En plus on peut mettre n'importe qui sous les draps, même des socialistes, et personne n y verra rien. C'est super, non ?

Et là...attention !!! Quel plateau ! Regardez la photo ! De gauche à droite vous pouvez reconnaître Michel Delpech, Daniel Balavoine, Guy Béart, Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Pierre Bachelet, et enfin, Carlos. De "Madame rêve"  "Papayou" en passant par "Loin d'ici" "Les couleurs du temps" et "Les corons". Gérard Bovin vous proposera le spectacle de vos rêves. Un véritable best of de la chanson magique et éternelle.

Un best of qui n'est pas sans rappeler le best of de l'Azile de la semaine d'ailleurs. Eh oui, car comme demain est encore un autre jour, autant vous prévenir tout de suite, le Comité des fêtes du restaurant La Mascotte à l'orée du bois de l'Azile, usant de son droit de régale, a mitonné ce programme très spécial en forme de mixtape gratinée à la soupe à l'oignon,  pour ces organes insatiables que l'on nomme les oreilles.

Imaginez la bande-son idéale pour vous aider à évacuer votre conifère d'appartement. Non cette fois vous ne rêverez pas ! Ces 16 titres de pure folie pour MMXVI, ont été sélectionnés majoritairement à partir des charts de l'Azile de ces dernières années, et ce grâce à notre supercalculateur qui brasse l'ensemble des sondages des auditeurs semaine après semaine.

Pour laisser la magie opérer, nous nous abstiendrons donc de tout lien et de tout autre commentaire oiseux. Dont acte !






dimanche 1 janvier 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 15 - L'Écrevisse marche à reculons

A peine sorti de la soirée du réveillon de la Saint Sylvestre de l'Azile que je me mets à vous poster ce quinzième épisode de la treizième saison. Si c'est pas du courage ça ! En fait, si je m y mets maintenant, c'est que j'ai voulu vous livrer mes impressions à chaud. En effet, cette année est assez spéciale car, une fois n'est pas coutume, le budget de cette soirée n'a pas été financé par les pauvres smicards de l'Azile que l'on menace de licenciement s'ils ne mettent pas la main à la poche, mais par notre nouveau sponsor : Cassegrain

Ce partenariat coulait de source, il faut le dire. Telle une évidence, il s'imposait d'office. Cette dernière soirée de l'année fut l'occasion de goûter la fameuse ratatouille Cassegrain dont les mérites nous parviennent des quatre coins de l'Azile depuis quelques temps.

Comme vous le voyez sur la photo, toute l'équipe de l'émission était réunie pour l'occasion. En bas à gauche, Clarissa-Jeannette, votre standardiste préférée. En bas à droite, vous pouvez voir que j'ai mis mon plus beau pull pour l'occasion. A côté de Clarissa-Jeannette, c'est Herbert-Hubert, le producteur de l'émission qui nous a bien fait rire à nouveau cette année. A côté, c'est sa femme, la pistonnée, Aline-Sandrine, secrétaire de l'émission. Puis leur fils Philibert-Adolphe, stagiaire gratuit, que l'on appelle entre-nous "coca-connard" car il adore la fameuse boisson et qu'il est bête à un point tel qu'on pense qu'il tient de sa mère.

Fabien-Patrick, votre animateur préféré, à la découpe de la viande est toujours le génie que l'on connaît. Sa femme, Sylvia-Berthe, à côté, n'est pas en reste....mais ne mangera que les restes pour continuer à garder la ligne. A côté de moi, l'autre déconneur de l'équipe, Serge-Albert, le réalisateur de l'émission était, lui aussi, accompagné de sa femme, Alice-Françoise, et de son fils idiot, François-Pierre-Jean, stagiaire gratuit sans avenir, lui aussi.

Bien sûr il y avait des petits pois lors de cette soirée Cassegrain, car une soirée sans petits pois Cassegrain, c'est comme un karaoké sans "La maladie d'amour" de Michel Sardou : ça ne peut pas exister. Mais la vraie star de cette soirée était la ratatouille cuisinée à la provençale à l'huile d'olive vierge extra 2%. Un vrai régal pour tout le monde. A tel point que l'on s'est même tous demandé si les pauvres, qui n'ont aucun goût, auraient vu la différence par rapport à leur ratatouille éco+. Coca-connard a même émis l'idée d'aller à la rencontre d'un pauvre pour lui faire tester voir s'il voyait la différence. Comme si on allait parler à des pauvres, maintenant ! Alors c'est sûr qu'avec une idée pareille, on l'a lynché. Son père s'est défoulé dessus d'ailleurs et ça lui a fait le plus grand bien.

En tous cas, ce que l'on peut dire c'est que l'on prend pas soin des légumes depuis 1856 sans avoir beaucoup de talent. Et ça se ressent particulièrement sur cette ratatouille. Et là, si Francis-Rodolphe Cassegrain me lit, je tiens à lui préciser que sa ratatouille se marie parfaitement avec un "Château l'Azile" de treize ans d'âge qui lui fait ressortir toute la saveur des légumes qui éclate au palais.

Le Blood Quartet, en entame de la cuvée de la semaine, a trop saigné et apparemment aussi trop rôdé du côté de Barcelone, et c'est une pure joie de retrouver la trompinette de poche de l'ex-bassiste de Mars Mark Cunningham, qui n'a apparemment rien à voir avec la légende du bodysurf. Le 1er opus du combo belgo-norvégien Warped Dreamer est aussi touffu que le cv de ses quatre membres désarticulés, et là encore la trompette de la renommée clignote de mille feux. La caravane cosmique du collectif post-hippy de Saarlouis Datashock est de retour, et on est ravis parce qu'on était sans nouvelles depuis au moins deux révolutions. Le Bureau B d'Hambourg a ouvert une nouvelle subdivision pour provoquer des rencontres inédites et les frottements percussions/électronique entre Sven Kacirek & Thomas Klein sont particulièrement inouïs en effet.

Shane Parish d'Ahleuchatistas et Tashi Dorji du Bhoutan sont fort occupés en cette fin d'année eux aussi, ce qui ne les empêche pas de se taper le bœuf sans faire l'âne dans leur salon d'Asheville. Geir Sundstol, le Ry Cooder de Bergen, taquine ses national et pedal steel guitares, le dobro et le sitar, entre country-folk et impro-free, et rien de surprenant à retrouver ses volutes embarquées chez Hubro. Reid Karris de l'Illinois explore la guitare préparée avec la précision d'un entomologue. Il y a un tout juste un an, Anthony Child alias "Surgeon" s'était fendu de sessions assez fameuses enregistrées sur synthé analogue Music Easel de la firme Buchla dans la jungle Maui, la seconde session enregistrée derechef un an plus tard in situ est tout aussi luxuriante. Le nouvel opus du projet Cindytalk de la(le) vétéran écossais(e) Gordon Sharpe atteint le même degré d'abrasivité que les précédents, entre crépitements de spoken words et musique concrète, et la musique traditionnelle de Rashad Becker fait elle aussi une fois de plus merveille.

Peter Evans en bouche un coin à Maurice André et nous laisse bouche bée devant tant d'abnégation virtuose. Le Peter Kowald Quintet sévissait vers 1972-73 dans la fire music kanal historique, et c'est un chouette cadeau de fin d'année de Trost-Cien Fuegos de nous avoir remastérisé-réédité cette belle galette FMP. A la même époque le collectif Ak Musick du méconnu Hans Kumpf pratiquait le même genre d'expérience mentale, et là encore c'est un cadeau inespéré dû aux bons offices de Guerssen, excellente marque de Catalogne spécialisée en rééditions de bizarreries sucrées psyché-progressives-impro-free des années 60-70, et on ne remerciera jamais assez Mr. Fuzzy Stéph' de Stoned Circus pour cette délicate attention, ¡ Aprovecha la paz compadre ! Enfin, ultime hommage douloureusement nécessaire à l'inventeur de l'œuf kinder, on termine comme de juste cette version customisée de l'Azile avec notre sélection spéciale fourrée aux bonux.

Si vous sentez une trompette dans votre âme, le souffle de l'Azile est entré chez vous